vendredi 9 octobre 2015

Signez l'appel aux chefs d'états!

La planète est en danger.
Les jeunes s'engagent derrière Nicolas Hulot.
Ne manquez pas leur vidéo!
Votre signature est indispensable.

Pour voir la vidéo et signer l'appel:
https://goo.gl/0DhqNH

Chamoniards écosensibles, merci pour la planète!

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lundi 5 octobre 2015

Le Col du Mont-Lachat rendu à son état naturel


                                                                          Mai 2015


                                                             Octobre 2015

Samedi 3 octobre quelques personnalités sont montées en train au Col du Mont-Lachat, à 2017 m d’altitude,  pour constater la fin des travaux de démolition de l’ancienne base militaire. Le chantier a été mené tambour battant  par les entreprises qui, en un été,  ont détruit les bâtiments, évacué les matériaux, broyé les éléments non toxiques, nivelé le sol, semé 30 espèces différentes de graines locales. Il faudra tout de même quelques années pour que la nature reprenne pleinement ses droits sur ce site reconstitué. 
L’opération a coûté 1 million d’euros, dont plus de la moitié apportée par le Conseil départemental, et 120 000 euros financés par l’association WWF.

Etaient présents à cette petite réception le maitre d’œuvre Jean-Marc Peillex, maire de Saint Gervais, qui profite de l’opération pour faire une belle campagne de communication, le Sous-préfet Francis Bianchi, des élus de Saint Gervais et des Houches, Michel Charlet ancien maire de Chamonix et ancien conseiller général, les représentants des entreprises de démolition et de restauration des sols, ceux de la Compagnie du Mont-Blanc qui a assuré les transports grâce au T.M.B.,  les délégués des associations environnementales partenaires du projet, Mountain Wilderness et ProMont-Blanc représenté par votre serviteur.

Dans ma courte allocution, j'évoquai le souvenir de mes visites, en tant que médecin, en 1968, grâce à la benne de service, pour les maladies intercurrentes des trois  enfants en bas âge du jeune lieutenant et de sa femme qui vivaient à l'année dans le petit logement de la base.

Dans son intervention, le sous-préfet a confirmé la décision de l’Etat de ne plus exiger la démolition de l’ancien refuge du Goûter, ceci en échange de la réhabilitation du Mont-Lachat. Il annonce toutefois qu’une concertation sur le sujet avec tous les partenaires sera organisée en 2016.

C’est une satisfaction pour nous, militants de la protection du massif du Mont-Blanc, de voir cette verrue du Mont Lachat sur le chemin du Mont-Blanc enfin disparaitre et d’apprécier que le site avait retrouvé son statut de « wilderness ».

Toute la cérémonie a été filmée par un cinéaste local bien connu, aidé d’un drone. A voir sur You-tube.


                                                                       Lancer de graines

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mercredi 2 septembre 2015

Notre montagne est fragile. Cessons de la martyriser !


                                               Photo prise le 11 août 2015

Le service des pistes de la Compagnie du Mont-Blanc a décidé d’élargir le passage du Col des Rachasses aux Grands Montets, pour faciliter le transit des skieurs de la piste du Point de vue vers la Face.
Pour ce chantier, il a fallu faire monter deux pelles mécaniques.
Le seul moyen de les faire accéder au site a été de creuser dans le Glacier des Rognons une piste en zigzag.
Ces gros travaux, en site classé, ont été entrepris avec l’accord de la commune, qui a présenté le projet, avec la Compagnie du Mont-Blanc, à la commission départementale des sites en 2013, laquelle  a donné son autorisation (vote contre d’un siégeant, membre  de l’association Mountain Wilderness), notamment pour « la création de la "route" dans du matériau neigeux / glaciaire ». Le ministère de l’environnement a donné son aval. Les travaux sont suivis par la DREAL qui les estime conformes à l’autorisation.
Le chantier se déroule donc en toute légalité.

L’impact paysager est sévère.
Le glacier des Rognons, comme tous ceux du massif du Mont-Blanc, a été déjà bien mis à mal par un hiver peu enneigé et un été torride. Il n’avait pas besoin, qu’en plus,  on l’ampute d’un volume important de glace.
Depuis 50 ans, les skieurs empruntent sans encombre le Col des Rachasses. Leur niveau, grâce au nouveau matériel, ne cesse de s’améliorer. Cet élargissement était-il vraiment indispensable ?
N’aurait-on pas pu déposer par hélicoptère une plus petite pelleteuse, qui aurait mis un peu plus de temps à faire son travail ?

La commission des sites a sans doute sous estimé l’impact visuel de la piste  et l’importance de la taille glaciaire.

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lundi 24 août 2015

A Argentière, une construction contestée derrière l’église : la loi le permet !




Dans une ruelle historique du vieux village, bordée de maisons anciennes, juste derrière l’église et contre le mur du cimetière, sur une parcelle restreinte, s’élève une imposante construction de béton, future maison d’habitation. Elle domine les tombes, notamment le monument funéraire  des guides au pied de la Verte, elle cache la vue du clocher, elle  dénature  l’aspect pittoresque  et authentique  de ce cœur du vieil Argentière. Les argentereaux sont outrés.
On sait que c’est un  habitant du village qui  a obtenu ce permis de construire.

Si l’église avait été classée, elle le méritait, comme sa sœur de Chamonix, cette catastrophe esthétique ne serait pas advenue. Dans son périmètre aucune construction nouvelle n'aurait pu être autorisée sans l’avis de l’architecte des bâtiments de France, avec des règles strictes. Mais elle n’est malheureusement pas classée, aucune démarche n’a été entreprise dans ce sens.

Si la procédure d’AVAP, Aire de mise en valeur  de l’Architecture et du Patrimoine, (ex ZPPAUP) avait été conduite à son terme par les deux dernières municipalités pour nos centre urbains, ce malheur ne serait pas arrivé. Mais les deux derniers maires  ne se sont pas préoccupés de faire aboutir cette mesure de protection de notre patrimoine pourtant expressément demandée en 2004 par le préfet de région. Si le centre du vieil Argentière avait été protégé par une AVAP,  la décision  de délivrer un permis de construire aurait été  assortie de "prescriptions particulières destinées à rendre le projet conforme aux prescriptions de l’aire". L’autorisation aurait été  soumise à la décision de l’Architecte  des Bâtiments de France.

Toutes les maisons de la ruelle sont inscrites au PLU sur la liste des contraintes et servitudes architecturales comme "immeubles à restaurer ou conserver dans leur enveloppe actuelle", donc reconnues comme ayant une réelle valeur patrimoniale.

Le règlement du PLU pour cette zone UV  de centre de  village  autorise de construire d’une limite séparative à l’autre.  Il n’y a plus de limitation de surface pour construire et le C.O.S. de cette zone, qui était de 0,60,  n’est plus  imposé, d’où l’importance du bâtiment.
Les services de l’urbanisme n’ont fait qu’appliquer la loi, et le maire Eric Fournier vient seulement de s’engager à refuser dorénavant ces demandes de permis de construire excessives.




 N.B.
Une aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP ou AMVAP) est, en droit de l'urbanisme français, une servitude d'utilité publique ayant pour objet de « promouvoir la mise en valeur du patrimoine bâti et des espaces »1. Les AVAP ont été instituées par la loi Grenelle II du 12 juillet 2010 en remplacement des zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP).



                                                                  L'église vers 1900

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mardi 11 août 2015

Chamonix, place de choix pour les hyperchalets ?



Des chalets de 600 voire 750 m² au sol, c’est ce qu’autorise désormais la loi ALUR. (pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové) promulguée le 24 mars 2014.
Les promoteurs de la vallée, bien au courant de cette nouvelle loi,  se sont empressés de déposer des demandes de permis de construire pour profiter de cette aubaine. Plus de C.O.S. (coefficient d’occupation du sol), plus de surface minimale imposée pour avoir le droit de construire (1 000 m² en zone UE, 800 m² en zone UD) ! Tous les espaces vides, petits ou grands,  deviennent constructibles sur la plus grande partie de leur surface!
Et l’on a déjà constaté que ces chalets XXL, avec piscine, spa, etc…,  ne sont occupés que deux à trois semaines par an.
Ils appartiennent à des  personnes très riches  venues de Russie, d’Ukraine, d’Europe ou d’Amérique.
Le Mont-Blanc attire toujours, de plus en plus même. Ces nouveaux propriétaires sont prêts à dépenser des fortunes pour posséder une résidence dans notre vallée magique, dans des conditions de très grand luxe. Quitte à la louer à prix d’or  s’ils ne l’occupent pas eux-mêmes. Les boutiques de luxe de Chamonix se frottent les mains!

Entre le 1er janvier et le 15 juillet 2015, 100 dossiers de demandes ont été déposés en mairie, contre 54 sur la même période de 2014. L’inflation est spectaculaire.

La loi ALUR se voulait vertueuse et il est vrai qu’en milieu urbain elle favorise la construction de nouveaux logements. Mais en milieu montagnard, dans nos stations, elle a un effet délétère car elle entraîne une surconsommation de l'espace, elle aggrave le mitage, et défigure le paysage de la vallée constitué jusqu’à ce jour de zones vertes séparant les constructions. De plus, elle favorise le surenchérissement du foncier, avec comme résultat une impossibilité pour les gens du pays d’acquérir des parcelles pour construire.

Heureusement, le maire réagit enfin, après plus d’un an, alors que beaucoup de mal est déjà fait.
Il est décidé désormais à refuser ces demandes de permis pour des constructions gigantesques, quitte à devoir être confronté à des recours devant les tribunaux. Il se réfère à la loi du Grenelle de l’environnement qui préconise une consommation maitrisée du foncier. Cette procédure d’urgence qu’il engage vient court-circuiter la procédure assez longue de révision en cours du P.L.U.
Eric Fournier s’appuie sur les autres maires de la communauté de communes, sur  ses collègues maires d’autres stations qui subissent la même pression foncière et sur les parlementaires dont il espère bien l’aide.


Souhaitons que ce nouveau P.L.U. rétablisse le C.O.S. et la surface minimale de construction. La révision de la Loi Montagne programmée pour cet automne apportera, nous l’espérons, de nouveaux arguments juridiques pour la défense de notre paysage.



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lundi 20 juillet 2015

Le couloir de la mort: la vidéo

Vidéo ici:
https://youtu.be/JUPjRGbeAYU

Le maire de Saint Gervais a pris, très raisonnablement,  un arrêté de fermeture du refuge du Goûter compte tenu du danger extrême de chutes de pierres dans le couloir qui en permet l’accès. Cela équivaut  à une fermeture de la voie normale du Mont-Blanc.
Avec la forte chaleur de ce mois de juillet, il n’y a plus, au sommet de l’aiguille du Goûter,  ni neige ni permafrost pour retenir les pierres. Les éboulements sont quotidiens, menaçant directement la traversée du couloir, passage obligé pour atteindre le refuge. Il y a déjà eu plusieurs morts cet été.
Quant à l’itinéraire du Mont-Blanc par les trois monts, il est de moins en moins emprunté à cause du risque de chutes de séracs dans la face nord du Mont-Blanc du Tacul. Les guides hésitent de plus en plus à se lancer dans cette voie. Mais il y a fort à parier que nombreux seront les alpinistes  qui tenteront néanmoins l’ascension du sommet par cette route,  en dormant au refuge des Cosmiques, puisque la voie du Goûter est fermée.
La décision difficile sera, pour le maire Jean-Marc Peillex, de lever cet arrêté de fermeture du refuge du Goûter. Il ne pourra le faire que lorsqu’il n’y aura plus aucun risque de chutes de pierres dans le couloir, c'est-à-dire quand il y aura de la neige et du gel sur l’aiguille. Sinon sa responsabilité pourrait être engagée. Dans le meilleur des cas fin septembre ?
C’est pour les gestionnaires du refuge, comme pour ceux du refuge de Tête Rousse,  une perte financière nette qui  sera difficile à rattraper.

Nous abordons sans doute une période où le Mont-Blanc ne pourra plus  se gravir sans risques  au-delà de la mi-juin.

La vidéo ci-dessus date de 2011. Mais elle est vraiment d'actualité cet été.

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samedi 4 juillet 2015

Une station de lavage de voitures aux Praz ? Le maire avoue son impuissance.


Une installation industrielle de ce type n’est pas vraiment la bienvenue à l’entrée  d’un village jusqu’à ce jour exclusivement résidentiel, plutôt calme en dehors d’une circulation automobile intense.
Les élus, les habitants du village, notamment les occupants d’une résidence voisine, ne voient pas le projet d’un très bon  œil.
 L’Agence régionale de santé émet un avis défavorable. La mairie refuse le permis de construire. Mais la forme n’est pas respectée, les délais de réponse sont dépassés. Les recours  en justice sont perdus l’un après l’autre par la mairie. Même l’intervention  du préfet est vaine. Les dernières négociations amiables n’ont pas abouti.
Une négligence, un manque de vigilance des services municipaux, vont coûter cher aux Praillis.  Plus rien ne s’oppose  à la construction de la station. Mais le fait que le projet émane d’un enfant du village tempère la virulence des réactions.
On devra donc subir  aux Praz les nuisances d’une station de lavage, le bruit des machines, les voitures qui attendent,  les moteurs qui tournent  et un peu plus de pollution encore que la circulation quotidienne  n’en apporte déjà.
La justice française  est à ce point complexe et débordée qu’elle  saute sur l’occasion d’un vice de procédure pour  classer un dossier qu’ainsi  elle n’a plus à juger sur le fond.
La défense de l’environnement est sacrifiée pour une simple erreur d’instruction.


Je joins à mon article deux lettres fort explicites :

1 -  la lettre d’un habitant du voisinage.


LA STATION-LAVAGE QUI FAIT TACHE

Un particulier veut installer une station de lavage de voitures aux Praz de Chamonix, un site paysager d'une beauté exceptionnelle et justement voué à la seule fonction résidentielle. Il dépose un permis de construire. L'article R. 112-21 du code de l'urbanisme et l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme justifieraient un refus de ce permis de construire. Mais par une négligence des services municipaux concernés, ce refus n'arrive pas dans les délais requis et le particulier obtient son permis par défaut. Un recours pour annulation au tribunal administratif de Grenoble n'aboutit pas : pour les tribunaux administratifs débordés de dossiers, un vice de procédure est une aubaine, car il évite de juger sur le fond et permet de gagner du temps. Satisfaction est automatiquement donnée à la partie victime dudit vice. Une atteinte à la procédure est rédhibitoire, sans commune mesure avec une atteinte au milieu de vie. Le préfet de Haute-Savoie conteste cette décision par déféré auprès de la cour administrative d'appel de Lyon, qui le déboute de sa requête, jugeant que les articles cités du code de l'urbanisme et du plan local d'urbanisme « ne sont pas de nature à créer une doute sérieux quant à la légalité du permis de construire tacite obtenu le 6 mars 2011 par M. M. ». Là encore, l'argument est un prétexte. Il ne tient aucun compte de l'avis défavorable de l'ARS (Agence Régionale de Santé), très critique sur ce projet de station-lavage. Certaines décisions de justice ne se prennent pas dans la vie réelle, mais dans l'univers obscur et tortueux des règlements. La chicane l'emporte sur la justice. L'urgence de liquider des dossiers rend dérisoire toute considération écologique. L'ennui est que cette station- lavage controversée aura, elle, des effets bien réels sur le paysage et le cadre de vie de ses riverains. Une verrue va défigurer le hameau des Praz, dont les habitants devront vivre avec de nouvelles pollutions sonores et chimiques.
Une négligence administrative est irrattrapable, alors qu'une nuisance écologique est jugée vénielle par la justice française. Il suffit d'un particulier indifférent à l'intérêt général et d'une administration peu réactive pour qu'un sanctuaire paysager soit traité comme une zone industrielle. La procédure juridique a tué le bon sens. Elle participe sans état d'âme à la destruction de la beauté du monde. Les instances d'appel, loin de corriger les erreurs du parcours administratif, les entérinent au non de la légalité. Au moment du plus grand danger, le citoyen de bonne foi se sent bien mal défendu. Il découvre que la lettre du règlement prévaut sur l'esprit, que son application tatillonne est érigée en principe de justice, que raison est donnée à l'astuce, non au bon droit. Incorrigiblement naïf, on espère qu'il ne s'agit là que de la dérive d'un système engorgé, non pas d'un vice qui lui soit inhérent. En attendant, le mal est fait.

                                                                                        Jean-Claude Forêt


2 – la réponse du maire, qui avoue son impuissance 
Lettre du maire adressée au syndic de la copropriété voisine

Monsieur,
Je viens faire suite à votre courrier du 26 mai dans lequel vous m’interrogez sur le projet de station de lavage sur le terrain de M.MANDRILLON aux Praz.
Je vous précise que suite à l’aboutissement des recours devant les tribunaux, plusieurs contacts ont eu lieu avec M.MANDRILLON et Jean-Michel COUVERT, élu à l’urbanisme, pour étudier une alternative au projet.
Toutefois,  et malgré ces démarches, je suis au regret de vous confirmer qu’aucune autre solution n’a pu être apportée au projet, ce que je déplore vivement. La commune a épuisé les moyens juridique et amiable dont elle dispose.
Je vous laisse le soin d’en informer la copropriété de ces éléments.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes respectueuses salutations

                                                                                  Signé Eric Fournier

                                                                                  Maire de Chamonix

A ce jour, aucun panneau d'affichage du permis de construire n'est apposé à l'entrée de la parcelle, mais il y a été placé au début de la procédure.



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