lundi 30 mars 2015

Quelle est la station du canton du Mont-Blanc qui a le plus fort vote écologiste ?


Deuxième tour des élections départementales

Réponse: c’est Les Houches, avec un pourcentage de 48.6%  des suffrages exprimés pour le binôme Europe Ecologie les Verts  Marion Bagnaud et Lionel Jacquet. Cela s’explique par la proximité de la commune avec la Route Blanche et ses poids lourds, et aussi parce que là est le siège de la l’ association  Environ’Mont-Blanc  dont la très active présidente est une houcharde de souche.
La station des Houches est suivie de près par Passy avec un score de 46,8%, ville d’attache des deux candidats et particulièrement touchée par les problèmes de pollution et les fumées de l’incinérateur.
Plus on s’éloigne de la nappe de pollution, moins le score écologiste est élevé : 40,3% à Chamonix (sans Argentière), 34,95 à Argentière (commune de Chamonix),  27,6% à Saint-Gervais, 20.36 aux Contamines. Il y a bien sûr l’exception qui confirme la règle : Vallorcine, pas du tout gênée par la pollution, a voté à 45,5% pour les écologistes, c’est une habitude pour cette petite station d’avoir un fort vote vert.

Le score moyen pour le canton de la liste E.E.L.V.  est de 39,26%, proche de celui de Chamonix (39,61%) ce qui est un résultat  historique comparé aux 0,15% au plan national !
Le Mont-Blanc faisait partie des 78 cantons français où les écologistes étaient présents au deuxième tour.
A ma connaissance, à l’heure où je rédige cet article, seuls deux conseillers départementaux écologistes ont été élus en Isère, encore était-ce sous une étiquette Union de la Gauche.

Le binôme Jean-Marc Peillex-Aurore Termoz recueille en toute logique une belle majorité de 60,74%.

La participation a été un peu meilleure qu’au plan national : 42,36% contre 41,94. Les habitants du Mont-Blanc se sont sentis  concernés par cette élection. La plus forte participation de 49,85% est à Saint-Gervais, fief du candidat Peillex. Servoz a bien voté aussi avec une participation de 48,1%. C’est Chamonix, pourtant commune dont la candidate Aurore Termoz est première adjointe, qui a le moins voté : 37,76%. Et il faisait mauvais temps !

Regardons de plus près le vote de Chamonix.
Les voix du binôme gagnant Peillex-Termoz sont inversement proportionnelles à celles des écologistes.
Le vote écologiste dépasse 40% dans quatre bureaux : Les Favrands-Barrats-Betty (47%), Les Bossons (45,92%),  Les Pélerins (45,12%), Les Mouilles-Frasse-Plaine des Praz (40,92%).
Il est intéressant de constater que Les Pélerins, quartier populaire,  avaient donné au premier tour le plus fort vote Front National de la commune, et de loin,  avec 23,3%. On peut donc conclure qu’une bonne partie des voix F.N.  se sont reportées sur les Verts. Les électeurs des Pélerins ont un peu boudé les candidats de la droite et leur première adjointe (tout est relatif!).

Le Conseil départemental de la Haute Savoie sera donc intégralement U.M.P. – U.D.I. – Divers Droite. Aucun candidat écologiste ou de la gauche n’a été élu. Le F.N. a été battu partout où il était présent au deuxième tour, et le plus souvent assez sévèrement.

Quelles sont les raisons de ce fort vote écologiste sur notre canton ? Certainement pas les positions très à gauche du parti E.E.L.V. dans le jeu de la politique nationale. Mais bien évidemment la forte préoccupation de nos populations face au problème de la pollution de notre vallée, et aussi l’inquiétude face au réchauffement climatique plus sensible et plus visible dans notre massif.

Nos maires ne pourront pas ne pas tenir compte de ce vote dans leurs politiques municipales. Il se doivent de prêter une attention toute particulière à leur action environnementale, en matière de pistes cyclables, de rénovation énergétique, d’économies d’énergie, etc…


Il ne nous reste plus qu'à espérer que la jeune Aurore Termoz  (benjamine du Conseil Départemental ?) saura garder son indépendance et sa liberté de vote aux côtés de son ténor-mentor Jean-Marc Peillex,  bien connu pour son fort caractère et pour son autorité.

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lundi 23 mars 2015

1er tour des élections départementales

Le canton du Mont-Blanc : un électorat très particulier !
Les résultats du premier tour font apparaitre un particularisme très  prononcé de l’électorat du Mont-Blanc par rapport à l’électorat national. Le nouveau grand canton du Mont-Blanc associe aux quatre communes d’origine Vallorcine-Chamonix-Les Houches-Servoz les villes de Passy, Saint-Gervais et Les Contamines.

Participation 
 Elle est assez faible dans le canton, comme d’habitude, avec  44,66%, contre 50,17% au plan national. Beaucoup d'habitants du Mont-Blanc sont modérément intéressés par les affaires publiques !

Résultats
En toute logique, la liste Divers Droite de Jean-Marc Peillex –Aurore Termoz arrive largement en tête avec 48,23% des suffrages exprimés (26,57% au plan national pour la droite),  Le canton confirme sa tendance droitière traditionnelle. Aurore Termoz, 1ère adjointe du maire de Chamonix Eric Fournier,  a une bonne image sur l’ancien canton de Chamonix et Jean Marc Peillex est impérial sur ses terres. Mais il est intéressant de constater que ce dernier  fait un meilleur score aux Contamines, station où il travaille (71,07%),  que dans sa propre commune de  Saint Gervais : (62,14) ! (C’était déjà le cas lors des municipales de 2014).

La première anomalie du scrutin est le très faible score du binôme P.S. Rebet-Sohier, avec 11,56% des voix, le  grand perdant  de cette élection si on ne tient pas compte du score anecdotique du Front de Gauche. Il  est largement devancé par le Front National et par les Verts. C’est un score médiocre pour les socialistes. Même en additionnant leurs voix à celles du Front de Gauche à 4,69%, soit un total de  16,25%, on est loin du score national PS-PRG-Divers Gauche  qui atteint 28,13%.   Les socialistes  se trouvent toujours  à peu près au même niveau déficient à chaque scrutin dans le canton de Chamonix depuis bien des années. Pourtant, l’une des têtes du binôme est cette fois-ci un chamoniard.

La deuxième anomalie est le score relativement  faible du Front national avec  17,53%,  à comparer aux 26,05% obtenus sur la moyenne nationale, mais en progression par rapport aux derniers scrutins  (13,87% aux européennes de 2014). Les deux candidats étaient des inconnus extérieurs à la vallée. On constate que le candidat local Laurent Garde pour Chamonix Bleu Marine aux municipales 2014, alors sévèrement battu avec 4,67% des voix, ne s’est pas risqué à se présenter aux départementales ! Aux Houches, le F.N. se hisse à 19%, mais à Servoz il se réduit à 10%. Ce modeste  résultat du F.N. est une constante dans la vallée de Chamonix, mais dès que l’on atteint Passy son  score remonte en flèche  (23%), pour atteindre 29,49% à Cluses.

La surprise est le bon  score obtenu par la liste Europe Ecologie les Verts, qui se qualifie de justesse avant le Front National pour le 2è tour avec 17,98% des voix.  Le souci de la pollution de la vallée, le jeune âge des candidats, la conscience écologique assez élevée des habitants du massif du Mont-Blanc  expliquent sans doute le résultat de cette candidature, mais il est habituel que les écologistes fassent de bons scores sur le canton (30.89%  aux européennes de 2009 !) où ils devancent toujours les socialistes.  Ils sont en progrès par rapport aux européennes de 2014 (14,69%). Au plan national,  les Verts n’ont obtenu  cette année que 1,81% des voix !
On ne peut pas comparer leur score au Mont-Blanc avec celui des  dernières cantonales de 2008, car il n’y avait alors pas de candidat écologiste, sinon Pascal Payot, étiqueté « Divers droite » contre son gré, qui avait fait l'excellent score de 32% des voix.

 Comment votent les chamoniards
Il est amusant de faire un petit zoom sur les élections à Chamonix. Les argentereaux votent un peu plus que les autres chamoniards, avec une participation de 40,38% contre 38,96% pour le « bas ».
Les argentereaux sont très matinaux, la plupart votent le matin, souvent très tôt, alors que les chamoniards votent plutôt l’après-midi.
C’est dans le bureau Les Praz-Les Bois- Le Lavancher que le binôme Peillex-Termoz fait son meilleur score : 59%. C’est aux Pélerins qu’il est le plus faible : 44%. Le total des voix obtenues sur la commune s’élève à 1422.
Le Front national fait son meilleur score aux Pélerins (23%), quartier populaire, et à Chamonix-sud-Centre sportif-Le Lyret (20%) et c’est aux Praz-Les Bois-Le Lavancher qu’il est le plus faible (9,5%). Il totalise 394 voix à Chamonix.
Le binôme Bagnaud-Jacquet pour Europe Ecologie les Verts fait son meilleur score aux Bossons (23,3%), plus concernés par la pollution,  et son chiffre le plus faible est réalisé aux Favrands-Les Barrats-Le Betty (15,4%). Il obtient 497 voix au total sur la commune.

Il y a donc de grandes disparités de votes sur le territoire de notre commune selon les quartiers.

Le duo Peillex-Termoz part avec une solide avance pour le deuxième tour et, sauf surprise,  devrait l’emporter dimanche prochain. Mais on peut craindre que le taux de participation soit très faible…


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samedi 14 mars 2015

CHARLIE HEBDO Quand Cabu taquinait les héros de nos montagnes !



Le dessinateur Cabu, assassiné le 7 janvier avec l’équipe de Charlie Hebdo, travaillait déjà pour  cet hebdomadaire en 1979. De passage à Chamonix, il avait croqué les célébrités chamoniardes du moment.
J’ai retrouvé ce numéro de Charlie Hebdo dans les archives des Amis du Vieux Chamonix

                                       Cliquer une fois sur les images pour les agrandir





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mardi 3 mars 2015

Conseil municipal du 27 février 2015

Il s’est tenu dans la belle salle du Majestic.

L’introduction du conseil est largement consacrée à la qualité de l’air  dans  la vallée, au reportage sur la pollution paru sur France 2 qui a fait tant de bruit, même à l’étranger, et aux mesures annoncées par les collectivités pour tenter de la réduire.
Les maires  de la communauté de communes ont  publié un plan pour la qualité de l’air en vallée de Chamonix de 35 actions publiques déclinées en mesures acquises, en voie de réalisation ou en négociation.  Il s’agit avant tout d’une habile opération de communication.
Ils annoncent un crédit d’impôt de 30% pour la rénovation énergétique des bâtiments privés, et le maire de Chamonix  promet que la Communauté de communes abondera cette aide par un Fond Energie Habitat, subvention de 20% du montant des travaux, tout en prédisant  que cette politique s’étalera sur le long terme !
Il voudrait obtenir une interdiction définitive des camions Euro 3, et pas seulement lors des pics de pollution.
Jean Louis Verdier demande une nouvelle fois que la rampe d’accès au tunnel soit interdite au stationnement des poids lourds, mais son vœu n’est jamais exaucé…
Françoise Devouassoux demande que l’affichage sur la route blanche en hiver ne soit plus « réduisez  votre vitesse de 20 km/h », mais « limitation de vitesse à 70 km/h », suggestion tout à fait opportune.
Xavier Chappaz son colistier exprime une autre idée : il rappelle que le Mont-Blanc est un trésor. L’entrée dans la vallée devrait être annoncée de la façon suivante : « vous êtes dans un site exceptionnel, réduisez votre vitesse ».
Eric Fournier ne croit pas beaucoup que le tunnel Lyon-Turin soit opérationnel en 2028, comme annoncé par les instances d’Etat.
28 millions d’euros sont engagés sur la réhabilitation de la section Saint-Gervais-Servoz de notre chemin de fer, et 3 millions d’études pour la section  Saint-Gervais-Bellegarde.


L’ordre du jour principal est le vote du budget 2015
Comme je l’avais déjà précisé lors du débat d’orientation budgétaire, le budget 2015 de la commune est très contraint, « atypique » dit le maire.
L’état prélève cette année 1,9 million d’euros sur le budget communal :
-          La compensation de l’état est en baisse de 14%
-          Les revalorisations de salaires obligatoires expliquent une augmentation de 3,1%
-          Le changement des rythmes scolaires coûte cher à la commune (100 000 euros)
-          Surtout, le fond de péréquation des communes riches vers les communes pauvres pèse de 700 000 euros sur les finances communales cette année.
Par comparaison, le chamoniard paye 7 fois plus que  l’habitant d’Annecy pour ce fond de péréquation, alors que le revenu moyen de l’annecien est supérieur à celui du chamoniard. Le maire souligne l’injustice de ce  système et proteste une nouvelle fois contre les décisions inéquitables de l’Etat.
De plus, les recettes du casino sont en chute libre.

Les impôts augmenteront cet automne !
Au débat d’orientation budgétaire du 27 janvier, il y avait un trou de 650 000 euros à combler. Le maire a trouvé la solution : on va augmenter les impôts !  Et on fera encore quelques économies sur les  charges et sur le  personnel, on va aussi baisser l’intérêt de la dette.
Ainsi les taux de fiscalité des impôts locaux vont augmenter de 3%...
Le budget de fonctionnement s’élève à 30 895 K€.
Les investissements atteindront la somme modeste de 6 422 600 €.


Faveur au personnel communal
Un gros effort a été demandé aux chamoniards cette année : les subventions de 25 associations chamoniardes  ont été diminuées de 10%, sauf trois qui sont restées au même niveau :  le Chœur du Prieuré, la M.J.C., les Amis de la Réserve des Aiguilles Rouges.
Mais on a la surprise de constater que seules deux associations voient leur subvention augmenter : L’Amicale du personnel communal, dont la subvention passe de 3 750 à 4 515 euros, et le Groupement de solidarité du personnel communal, dont la subvention passe de  83 950 à 86 882 euros !
En politique, il faut toujours garder de  bons rapports avec son personnel !
Aucun élu de la majorité ni de l’opposition ne se risque au moindre commentaire…

Autorisations de programmes pour 2015 et années suivantes : les grands travaux qui vont être engagés cette année.
-          Centre technique de la Vigie : 150 000 euros
On sait que les ateliers municipaux, le centre d’exploitation  départemental, la Régie Chamonix-Propreté, la fourrière,  les artisans et peut-être aussi l’usine Simond-Quechua-Piolets vont s’installet aux Pélerins d’en haut.
-          Travaux V.R.D. zone de la Vigie : 1 000 000 euros.
Il s’agit de créer une nouvelle voie depuis le carrefour de la Vigie jusqu’à la zone des ateliers techniques au sommet des Pélerins.
-          Crèche du secteur Jean Franco : 300 000 euros
Elle vient s’adjoindre à l’EHPAD actuellement en construction.
-          L’ancienne poste d’Argentière doit être rénovée : 84 600 euros.
Elle abritera la nouvelle pharmacie d’Argentière
-          Protection des débordements torrentiels : 50 000 euros sont inscrits à ce poste
-          Sécurité du secteur Les Iles – Les Grassonnets : 0  euros en 2015
Le maire n’est pas certain du bienfondé de ces travaux. Il dit qu’on fera d’abord des essais avec des plots.  400 000 euros sont inscrits en 2016. On ne parle pas aujourd’hui de piste cyclable à ce niveau…
-          Espace culturel : aucune somme n’est encore inscrite en 2015. Mais les dépenses devraient commencer en 2016, avec 1 million (et 3,5 millions en 2017).
-          Réhabilitation Tour T2 et Voûte I : 20 000 euros en 2015 (études).
Pourtant on sent bien que ce dossier n’est pas mûr. Qui occupera la Tour ? Une pépinière d’entreprises comme le suggère Xavier Chappaz ?  Le Foyer des Jeunes travailleurs ? Des stagiaires de l’E.N.S.A. ou autres ?
-          Travaux V.R.D. Centre de Secours : rien en 2015. 114 900 euros en 2016.
-          Piste cyclable : 500 000 euros sont inscrits pour une première tranche entre la gare des Pélerins et le chemin Napoléon aux Bossons, sans que l‘on sache très bien comment sera franchi l’étroit Pont de Piralotaz… Le mystère reste entier !

Françoise Devouassoux et Xavier Chappaz pour l'opposition s'abstiennent de voter ce budget 2015.


SPIC parkings
Pour la deuxième année consécutive, la gestion des parkings communaux est saine et ne demande plus de subvention d’équilibre de la part de la commune.
L’ascenseur du parking du Mont-Blanc sera changé.
Il est décidé de clôturer (donc de rendre payants) les parkings du Fond des Gires, du Corzolet et de Courmayeur.

Hôtel Excelsior

Ce sont finalement 84 chambres, et non plus 91, qui seront ouvertes dans le futur Hôtel Excelsior en cours de rénovation, soit 48 chambres de plus qu’hier. Le conseil signe une convention avec la SCA.

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dimanche 22 février 2015

Dameuse du Savoy: notre message a été entendu


Les leçons de conduite de dameuse au Savoy ont été annulées. L’ordre est venu du président directeur général peu après la parution de mon article.
Sans doute la Compagnie du Mont-Blanc n’a-t-elle pas voulu ternir son image par une activité émettrice de gaz à effet de serre  en période de pic de pollution dans la vallée.
Il y avait aussi sans doute un problème de sécurité :  relégué à la place du passager, sans double commande, afin de  laisser la conduite à l’apprenti, le conducteur de la dameuse aurait été dans l’incapacité d’arrêter l’engin en urgence en cas de besoin. Or le soir au Savoy, fréquents sont les jeunes qui descendent en luge sur la piste fermée, créant un risque de collision.

Intermède
Dans les rues de Megève, les statues de Bruno Catalano valent un détour






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dimanche 15 février 2015

Conseil municipal du  12 février 2015 : PPRa

 Le Plan de Prévention des Risques Avalanches fut le sujet unique de cette séance assez courte, tenue au Majestic

Ce dossier avait déjà été évoqué lors du conseil municipal du 27 janvier.
Après réexamen approfondi de 27 couloirs par un comité d’experts,
il s’agit aujourd’hui de formaliser, à l’intention du préfet, la position de la commune de Chamonix sur ce nouveau projet de PPRa  proposé par les services de l’Etat.
Il y a donc au cours de  cette séance certaine redites du dernier conseil.
Sans rentrer dans les détails techniques assez complexes de ce plan de prévention des risques d’avalanches, il est intéressant de préciser les arguments de la municipalité en réponse à ce qu’il faut bien appeler un « diktat » de l’Etat.

Comme le souligne l’élu d’Argentière Patrick Devouassoux, « ce sont des citadins, ils n’y entendent rien à la montagne, ils veulent nous imposer des règles à nous gens du pays qui sommes les seuls, depuis des générations, à parfaitement connaitre notre territoire et ses risques ! ».

Jean-Louis Verdier, adjoint à la sécurité,  souligne de son côté: « ils ont fait leur travail dans leur coin, sans concertation avec les élus ni les habitants, ils nous ont imposé la zone jaune d’aléa maximal vraisemblable dont la commune ne voulait pas, car elle ne sait pas comment gérer la sécurité dans ce vaste espace ».

Jean-Michel Couvert, adjoint à l’urbanisme, imagine que l’hôtel Gustavia, situé en zone jaune, veuille s’agrandir : il lui serait imposé de construire un local de confinement… Impossible !

« On ne peut pas refuser tout en bloc » répond Eric Fournier à Sylvie Cefali qui proposait  de réfuter la totalité du projet de PPRa. « Nous ne contesterons que les éléments inapplicables » précise-t-il.
«  Nous nous réservons la possibilité d’un recours judiciaire s’il s’avérait que ce plan, précurseur en France, ne soit finalement, de façon « punitive », appliqué qu’à la ville de Chamonix et ne concerne pas la France entière ».

Sont projetés à l’écran des plans où sont superposées les zones d’avalanches et les zones d’inondations : très rares sont sur le territoire de la commune les très petits secteurs épargnés par les deux risques.

Rappelons qu’une enquête publique se déroulera du 16 février au 27 mars prochains. Il y aura 24 permanences, dont 6 en mairie d’Argentière. Chaque citoyen pourra exprimer ses critiques ou suggestions sur l’ensemble du dossier, sur la réglementation, sur tel ou tel couloir d’avalanche dont il contesterait la nouvelle emprise.

Ce n’est qu’à l’issue de cette enquête publique que la décision d’approbation du PPR avalanches sera prise par le préfet.

La délibération du conseil se décline en 12 points très détaillés que je m’efforce de résumer, pour vous éviter une trop longue lecture.

Le conseil municipal :
- Prend acte du projet de PPRa mais souligne que la commune disposait déjà du document sérieusement établi, à l’époque grâce à une large concertation locale,  en 2010. Elle demande une plus grande stabilité juridique dans les instruments de gestion du territoire.
- Relève que la démarche de concertation et de dialogue local n’a pas été cette année menée à bien avec l’ampleur requise.
- Constate que le projet de PPRa ne contient pas de « Carte des enjeux » pourtant préconisée par le Guide méthodologique.
- Constate le décalage entre l’approche trop statique portée par le PPRa et la réalité de la vie en montagne
- Constate que ni le Guide méthodologique ni le projet de PPRa  ne donnent de définition précise de la « zone d’aléas exceptionnels », indispensable à la mise en œuvre du Plan Communal de Sauvegarde.
- Souhaite que soit développé une démarche qui mette en relation les conditions nivo-météorologiques, l’accumulation de neige dans les zones de départ, et l’ampleur des avalanches potentielles afin que soient posées les bases d’une gestion dynamique de l’aménagement du territoire.
- Prend acte des évolutions apportées au règlement suite à la phase de consultation publique, notamment la suppression des mesures visant les immeubles situés en zone d’aléa maximal vraisemblable, et demande que soient supprimées les dispositions prévues en ces zones pour les projets nouveaux.
- Suggère que deux ou trois types de zones bleues soient créées dans les zones d’occurrence centennale en fonction des pressions pouvant être subies : 3 à 30 KPa, 30 à 50 KPa, 50 à 70 KPa,  par exemple.
- Regrette que ne soient pas prévus certains assouplissements aux dispositions règlementaires applicables à des zones sises à l’aval d’ouvrages passifs de protection présentant toute garantie de fiabilité.
- Souhaite que soit envisagé un traitement différencié sur le sujet de la protection des biens, en lien avec les établissements d’assurances.
- Souligne auprès de l’Etat les conséquences que peuvent revêtir ces prescriptions du PPRa en matière d’ « accès » de la population permanente à l’habitat sur le territoire, compte  tenu de la rareté du foncier disponible.
- Demande en conséquence que des amendements soient apportés au projet de PPRa appelé à être soumis à l’enquête publique et que soit reconsidéré le calendrier d’approbation de ce plan.

Le texte de cette demande au préfet est approuvé à l’unanimité par le conseil.


Autre sujet du jour : la « Dameuse-Ecole » du Savoy, elle  tourne !


Dans ce blog, le 24 décembre dernier, je m’étonnais de  l’annonce par la Compagnie du Mont-Blanc d’une  nouvelle pratique, acceptée avec bienveillance par la municipalité de Chamonix, proposant des cours de conduite sur neige de dameuse,  le soir,  sur le domaine skiable du Savoy.
Tous les mercredi à 19h, en période de vacances scolaires, la Compagnie du Mont-Blanc met une dameuse et son conducteur à disposition des touristes pour des allers-retours répétés le long de la piste du Savoy, à raison d’une demi-heure par candidat apprenti. Cette activité polluante (et bruyante), venant en plus du damage obligatoire du site en fin d’après-midi et le matin,  est en contradiction notoire avec le Plan Climat Energie Territorial de la Communauté de Communes qui a pour  objectif de réduire de 20%  d’ici 2020 nos émissions de gaz à effet de serre.
Le fait que le 11 février, jour de leçon de conduite, la presse ait annoncé un franchissement du seuil d’information  pour la pollution en particules fines dans la vallée de l’Arve avec 51µg par m3 d’air n’a en rien incité l’opérateur à annuler  sa prestation.
Cette activité mécanique peut-être considérée comme superflue, élitiste (60 euros la demi-heure),  loin de  l’esprit sportif de Chamonix et non nécessaire à l’activité touristique de la station. Elle est de plus non conforme avec les préceptes d’une « Ville des Alpes » engagée dans  une politique de développement durable et distinguée par un « Flocon Vert ».

A noter que les communes des Houches-Saint Gervais hébergent la même organisation au Prarion, les vendredi après-midi.

                                          Un jeune apprenti aux commandes de la dameuse

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mardi 3 février 2015

Conseil municipal du 27 janvier 2015

Il s’est tenu  à l’Hôtel de ville à 18h30.
La séance a débuté par une minute de silence à la mémoire de l’éleveur Pascal Payot, conseiller municipal au dernier mandat.

Résumé des principaux dossiers inscrits à l’ordre du jour

Création d’un itinéraire cyclable
On voudrait y croire, mais…
Depuis bien des années, c’était une promesse électorale des deux derniers maires successifs de la ville, jamais mise en œuvre.
Ne vous réjouissez pas trop vite, en en est encore qu’aux études, le maire va constituer un « groupe de travail ».
 Mais l’intention louable est bien là et une somme de 1,5 millions d’euros sur cinq ans est proposée au vote des conseillers.
Le projet exposé par Michel Payot est de faire un « itinéraire » cyclable de 18 km de long. Ce n’est pas une « piste cyclable », mais un tracé en « site partagé » avec les autres utilisateurs de la chaussée. La voie cyclable sera marquée au sol sur la voirie communale.  10 km seraient en « site propre », mais cet objectif nous semble bien optimiste.
Il est par exemple question de créer une piste cyclable  depuis le paravalanche de la Verte jusqu’au village des Chosalets, entre la chaussée actuelle et les maisons des villages des Iles et des Grassonnets. La difficulté foncière, technique et financière d’un tel projet saute aux yeux: quand on voit comme les maisons sont proches de la chaussée actuelle, on se pose de réelles questions sur la pertinence de ce projet. A moins de déplacer la route vers la forêt, mais c’est alors d’un tout autre budget qu’il s’agirait !
L’itinéraire emprunterait aussi  la Promenade des Econtres entre Chamonix et Les Praz. Ce chemin, largement emprunté par les piétons, ne peut être livré aux cyclistes sans qu’il y ait un grave conflit d’usage ! Et il n’y a aucune disponibilité foncière pour en doubler la largeur.
Le passage du coupe gorge du Pont de Piralotaz aux Bossons n’est pas clairement défini non plus. On souhaiterait une continuité entre la promenade Marie Paradis et le village des Bossons, mais cela supposerait une passerelle sur la Creusaz, là encore on voit que le budget inscrit ne le permettra pas dans les cinq prochaines années.
On a le  sentiment que le maire a voulu lancer ce programme inscrit dans ses promesses, tant dans le Plan Climat Energie Territorial que dans son programme électoral de 2014, mais que la réflexion autour du projet n’a pas été du tout entreprise.
Le conseil autorise le maire à solliciter des subventions.

Un projet vertueux : lancement d’un plan « véhicules propres »
Il y a à la base la volonté de contribuer à la préservation de la qualité de l’air.
La communauté de communes a acté l’automne dernier l’acquisition anticipée de bus de type « Euro 6 ».
Les collectivités de la vallée se sont engagées à  proposer à leurs agents « des nouveaux moyens de locomotion alternatifs » pour les trajets professionnels intra-vallée. La commune veut développer un projet d’acquisition de « véhicules propres » étalé sur les 4 à 5 ans à venir. Il s’agit de remplacer l’ensemble du parc de V.L. et de V.U.  communaux, à savoir 20 unités. Le mode de motorisation envisagé sera de 100% électrique ou hybride.
La commune envisage un partenariat avec un constructeur automobile…  On n’a pas fini de voir fleurir sur nos publications et sur nos pistes les publicités B.M.W. ou autres…
Le conseil municipal est appelé à « valider l’intérêt de cette démarche », à  « lancer un appel à manifestation d’intérêt ». Qu’en termes élégants ces choses là sont dites…
La commune veut aussi  « lancer une procédure pour sélectionner le constructeur… » qui, espère-t-on, apportera une forte participation financière.


PPRa – Plan de Protection des Risques Avalanches – Le maire manifeste sa mauvaise humeur
Le PPRa du 26 mars 2010 est mis en révision. Quatre experts ont procédé à une analyse de ce plan et ont estimé que 27 couloirs, sur les 130 de la commune, devaient justifier un réexamen approfondi.
A la suite d’une réunion publique au Majestic le 19 novembre dernier, a été initiée une phase de concertation publique en mairie.
A ce stade de la procédure, il convient maintenant d’ouvrir une enquête publique qui se tiendra du 16 février au 27 mars 2015.
La municipalité de Chamonix déplore officiellement que « la démarche de concertation et  de dialogue local n’ait pas été menée à bien avec l’ampleur requise », sous entendu les décisions ont été prises sans  consultation  suffisante des élus et des habitants. En résumé la commune critique ouvertement la méthodologie et le contenu du nouveau projet de PPRa et demande que des amendements soient apportés.
Elle prend note toutefois qu’ont été supprimées les mesures visant les immeubles existants  situés en zone d’aléa maximal vraisemblable.

L’Ecole des Bossons est saturée – Les enfants des nouveaux logements des Tissières devront aller à l’Ecole Jacques Balmat des Pélerins
L’Ecole des Bossons a déjà ouvert une cinquième classe en septembre 2013. Les locaux, notamment le restaurant scolaire, sont maintenant  trop exigus pour absorber de nouveaux enfants.

Petits dossiers fonciers – Manquement de l’administration communale
Ici il s’agit du déclassement d’une partie d’un  chemin rural, là il s’agit de cessions de petites parcelles communales, dans tous les cas à la demande de particuliers et dans leur intérêt.
L’administration communale a la désolante et  mauvaise habitude de ne pas prévoir de plan de secteur à projeter à l’écran pour que les élus puissent se prononcer en connaissance de cause. Tous ne connaissent pas le chemin du Crétet ou le chemin des Rachasses, ni les parcelles communales des Favrands. Résultat : les élus ne suivent pas l’énoncé du sujet, et comme on est en fin de séance, c’est le brouhaha général, chacun bavarde aves ses voisins, personne n’écoute, et les propositions passent comme lettre à la poste, sans débat. Pendant deux mandats je me suis battu pour qu’on nous projette les plans de ces dossiers parcellaires, je n’ai pas réussi à imposer cette exigence élémentaire.
Chamoniards sachez-le : si vous avez un « petit arrangement » à demander à la commune, n’hésitez pas, votre dossier passera en fin de séance quand les conseillers sont fatigués, sans plan,  et  vous obtiendrez gain de cause (à condition toutefois que la commission ad hoc ait donné son accord).

Débat d’orientation budgétaire – 2015 sera difficile !
Cà va mal pour la commune.
Les recettes diminuent, notamment les dotations de l’Etat, en baisse de 14%.
D’un autre côté la redevance au « Fond de péréquation » des communes riches vers les communes pauvres pénalise durement les stations touristiques. L’effort pour le « Bloc communal » (chaque commune du canton plus la communauté de communes) a été multiplié par 2,5.  Cette année cela coûtera 2,3 millions d’euros à la seule commune de Chamonix (part communale + fraction de 80% représentant sa part communautaire).
Les dépenses de personnel, qui représentent 45% du budget communal, sont en hausse « automatique » de 3,2% par an, hausse structurelle et conventionnelle à laquelle la commune ne peut échapper.
Les nouveaux rythmes scolaires imposés par l’Etat alourdissent les charges de personnel notamment pour les cantines.
L’endettement tous budgets au 31 décembre restait élevé à 59 741 000 euros.
En conséquence, l’autofinancement qui habituellement se monte à 1 million d’euros, n’atteindra cette année que 350 000 euros. Et les investissements baisseront de 8 à 6 millions d’euros. Une baisse des dépenses de fonctionnement s’impose.
Budget de fonctionnement 2015 de la commune : 30 441 000 euros
Il y a donc un trou de 650 000 euros que les élus devront « boucher » d’ici le vote du budget dans un mois. Sale temps pour les finances communales qui ne veulent pas augmenter les impôts : si les bases de l’Etat  sont prévisibles à la hausse de 1,5%, la commune veut maintenir une stabilité des taux d’imposition.

Questions diverses
Xavier Chappaz et Georges Unia  pour l’opposition lancent une nouvelle idée :
Il faudrait établir entre la France et l’Italie un grand sens unique. Les camions en transit de France à Italie passeraient par le tunnel du Fréjus, et les camions allant d’Italie à la France passeraient par le tunnel du Mont-Blanc. Avantage, les poids lourds ne feraient que descendre dans la vallée de Chamonix et donc pollueraient beaucoup moins.
L'idée est astucieuse et  intéressante.
Mais hormis le fait que cette solution ne serait pas très sympathique pour la Maurienne (qui est tout de même moins polluée que la vallée de l’Arve), il y a peu de chances qu’elle soit retenue par les Etats et les sociétés d’autoroutes : un seul sens de circulation par tunnel au lieu de deux réduirait beaucoup le trafic global, puisque les passages à chaque tunnel se font quasiment à touche touche !  La belle idée a déjà du plomb dans l’aile…








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