lundi 20 juillet 2015

Le couloir de la mort: la vidéo

Vidéo ici:
https://youtu.be/JUPjRGbeAYU

Le maire de Saint Gervais a pris, très raisonnablement,  un arrêté de fermeture du refuge du Goûter compte tenu du danger extrême de chutes de pierres dans le couloir qui en permet l’accès. Cela équivaut  à une fermeture de la voie normale du Mont-Blanc.
Avec la forte chaleur de ce mois de juillet, il n’y a plus, au sommet de l’aiguille du Goûter,  ni neige ni permafrost pour retenir les pierres. Les éboulements sont quotidiens, menaçant directement la traversée du couloir, passage obligé pour atteindre le refuge. Il y a déjà eu plusieurs morts cet été.
Quant à l’itinéraire du Mont-Blanc par les trois monts, il est de moins en moins emprunté à cause du risque de chutes de séracs dans la face nord du Mont-Blanc du Tacul. Les guides hésitent de plus en plus à se lancer dans cette voie. Mais il y a fort à parier que nombreux seront les alpinistes  qui tenteront néanmoins l’ascension du sommet par cette route,  en dormant au refuge des Cosmiques, puisque la voie du Goûter est fermée.
La décision difficile sera, pour le maire Jean-Marc Peillex, de lever cet arrêté de fermeture du refuge du Goûter. Il ne pourra le faire que lorsqu’il n’y aura plus aucun risque de chutes de pierres dans le couloir, c'est-à-dire quand il y aura de la neige et du gel sur l’aiguille. Sinon sa responsabilité pourrait être engagée. Dans le meilleur des cas fin septembre ?
C’est pour les gestionnaires du refuge, comme pour ceux du refuge de Tête Rousse,  une perte financière nette qui  sera difficile à rattraper.

Nous abordons sans doute une période où le Mont-Blanc ne pourra plus  se gravir sans risques  au-delà de la mi-juin.

La vidéo ci-dessus date de 2011. Mais elle est vraiment d'actualité cet été.

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samedi 4 juillet 2015

Une station de lavage de voitures aux Praz ? Le maire avoue son impuissance.


Une installation industrielle de ce type n’est pas vraiment la bienvenue à l’entrée  d’un village jusqu’à ce jour exclusivement résidentiel, plutôt calme en dehors d’une circulation automobile intense.
Les élus, les habitants du village, notamment les occupants d’une résidence voisine, ne voient pas le projet d’un très bon  œil.
 L’Agence régionale de santé émet un avis défavorable. La mairie refuse le permis de construire. Mais la forme n’est pas respectée, les délais de réponse sont dépassés. Les recours  en justice sont perdus l’un après l’autre par la mairie. Même l’intervention  du préfet est vaine. Les dernières négociations amiables n’ont pas abouti.
Une négligence, un manque de vigilance des services municipaux, vont coûter cher aux Praillis.  Plus rien ne s’oppose  à la construction de la station. Mais le fait que le projet émane d’un enfant du village tempère la virulence des réactions.
On devra donc subir  aux Praz les nuisances d’une station de lavage, le bruit des machines, les voitures qui attendent,  les moteurs qui tournent  et un peu plus de pollution encore que la circulation quotidienne  n’en apporte déjà.
La justice française  est à ce point complexe et débordée qu’elle  saute sur l’occasion d’un vice de procédure pour  classer un dossier qu’ainsi  elle n’a plus à juger sur le fond.
La défense de l’environnement est sacrifiée pour une simple erreur d’instruction.


Je joins à mon article deux lettres fort explicites :

1 -  la lettre d’un habitant du voisinage.


LA STATION-LAVAGE QUI FAIT TACHE

Un particulier veut installer une station de lavage de voitures aux Praz de Chamonix, un site paysager d'une beauté exceptionnelle et justement voué à la seule fonction résidentielle. Il dépose un permis de construire. L'article R. 112-21 du code de l'urbanisme et l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme justifieraient un refus de ce permis de construire. Mais par une négligence des services municipaux concernés, ce refus n'arrive pas dans les délais requis et le particulier obtient son permis par défaut. Un recours pour annulation au tribunal administratif de Grenoble n'aboutit pas : pour les tribunaux administratifs débordés de dossiers, un vice de procédure est une aubaine, car il évite de juger sur le fond et permet de gagner du temps. Satisfaction est automatiquement donnée à la partie victime dudit vice. Une atteinte à la procédure est rédhibitoire, sans commune mesure avec une atteinte au milieu de vie. Le préfet de Haute-Savoie conteste cette décision par déféré auprès de la cour administrative d'appel de Lyon, qui le déboute de sa requête, jugeant que les articles cités du code de l'urbanisme et du plan local d'urbanisme « ne sont pas de nature à créer une doute sérieux quant à la légalité du permis de construire tacite obtenu le 6 mars 2011 par M. M. ». Là encore, l'argument est un prétexte. Il ne tient aucun compte de l'avis défavorable de l'ARS (Agence Régionale de Santé), très critique sur ce projet de station-lavage. Certaines décisions de justice ne se prennent pas dans la vie réelle, mais dans l'univers obscur et tortueux des règlements. La chicane l'emporte sur la justice. L'urgence de liquider des dossiers rend dérisoire toute considération écologique. L'ennui est que cette station- lavage controversée aura, elle, des effets bien réels sur le paysage et le cadre de vie de ses riverains. Une verrue va défigurer le hameau des Praz, dont les habitants devront vivre avec de nouvelles pollutions sonores et chimiques.
Une négligence administrative est irrattrapable, alors qu'une nuisance écologique est jugée vénielle par la justice française. Il suffit d'un particulier indifférent à l'intérêt général et d'une administration peu réactive pour qu'un sanctuaire paysager soit traité comme une zone industrielle. La procédure juridique a tué le bon sens. Elle participe sans état d'âme à la destruction de la beauté du monde. Les instances d'appel, loin de corriger les erreurs du parcours administratif, les entérinent au non de la légalité. Au moment du plus grand danger, le citoyen de bonne foi se sent bien mal défendu. Il découvre que la lettre du règlement prévaut sur l'esprit, que son application tatillonne est érigée en principe de justice, que raison est donnée à l'astuce, non au bon droit. Incorrigiblement naïf, on espère qu'il ne s'agit là que de la dérive d'un système engorgé, non pas d'un vice qui lui soit inhérent. En attendant, le mal est fait.

                                                                                        Jean-Claude Forêt


2 – la réponse du maire, qui avoue son impuissance 
Lettre du maire adressée au syndic de la copropriété voisine

Monsieur,
Je viens faire suite à votre courrier du 26 mai dans lequel vous m’interrogez sur le projet de station de lavage sur le terrain de M.MANDRILLON aux Praz.
Je vous précise que suite à l’aboutissement des recours devant les tribunaux, plusieurs contacts ont eu lieu avec M.MANDRILLON et Jean-Michel COUVERT, élu à l’urbanisme, pour étudier une alternative au projet.
Toutefois,  et malgré ces démarches, je suis au regret de vous confirmer qu’aucune autre solution n’a pu être apportée au projet, ce que je déplore vivement. La commune a épuisé les moyens juridique et amiable dont elle dispose.
Je vous laisse le soin d’en informer la copropriété de ces éléments.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes respectueuses salutations

                                                                                  Signé Eric Fournier

                                                                                  Maire de Chamonix

A ce jour, aucun panneau d'affichage du permis de construire n'est apposé à l'entrée de la parcelle, mais il y a été placé au début de la procédure.



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mercredi 24 juin 2015

Chantier de réhabilitation du col du Mont-Lachat: la vidéo

Le samedi 20 juin a eu lieu le lancement officiel de la démolition de l'ancienne soufflerie  militaire du Mont-Lachat.

Les invités montent en train depuis Saint-Gervais.
Seuls Xavier Roseren, maire des Houches, et Elodie Bavuz, conseillère municipale de Chamonix, montent à pied depuis Les Houches (1100m de dénivelée).


Le  temps est gris, froid et venteux, les invités sont frigorifiés!

On note la présence de nombreux élus des communes voisines, les  sénateurs Carle et Hervé, le député Tardy, le préfet Leclerc, le sous-préfet Bianchi, les représentants des entreprises du chantier, des journalistes.

Sont présents les représentants des associations siégeant au comité de pilotage du chantier du Mont-Lachat :
Barbara Ehringhaus, présidente de proMont-Blanc
Jean Christophe Poupet, représentant W.W.F.
Eric Lasserre, représentant Mountain Wilderness

On écoute les discours de :
Jean-Marc Peillex, maire de Saint Gervais, pilote de l’opération,  laquelle  ne coûtera pas un euro à la commune de Saint Gervais. Il évoque le projet de classement du Mont-Blanc au Patrimoine Mondial de l'Humanité et explique que ce chantier s'intègre à ce concept.

Matthieu Dechavanne,  P.D.G. de la Compagnie du Mont-Blanc, partenaire de l’opération grâce au Tramway du Mont-Blanc qui a transporté tout le matériel et descendra des déchets non recyclables sur place.

Jean Christophe Poupet, permanent à W.W.F., dont l’opération Pandathlon, qui se déroule chaque année à Saint Gervais, a apporté 120 000 euros au projet en 2014.

M. Leclerc, préfet de la Haute Savoie , qui annonce que la ministre de l’écologie Ségolène Royal lui a confié que l’ancien refuge du Goûter « pourrait ne pas être détruit » en contrepartie de l’aboutissement du chantier du Mont-Lachat. Heureuse nouvelle pour le maire de Saint-Gervais qui tenait essentiellement à la conservation de l’ancien refuge, en opposition avec la F.F.C.A.M. et les associations environnementales, comme hébergement d’appoint et lieu  de repli en cas de sinistre. Il avait d’ailleurs refusé de signer le permis de démolir.

Une visite du chantier est organisée. On voit notamment le support du four solaire qui a été installé après la soufflerie, et dont aucun document ne parle (activité couverte par le secret défense). 
Les deux pelles mécaniques ont été montées en pièces détachées par le train.
Une partie des bâtiments a déjà été détruite.

Où l’on voit, sous les nombreuses caméras,  le maire Jean Marc Peillex monter aux commandes de la pelle mécanique et arracher avec dextérité une fenêtre du bâtiment! 
Certains de ses proches le surnomment le "couteau suisse", il sait tout faire et met partout la main à la pâte!  Cet homme là est un as de la communication...

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jeudi 11 juin 2015

La sculpture de l’E.N.S.A. en bonne place - Conseil municipal du 4 juin 2015, démission de X. Chappaz et G. Unia

Cette sculpture, "L'élan vers les cimes", qui représente une broche à glace stylisée, et que l'on appelait couramment "le tire-bouchon"se trouvait dans la cour du Centre Jean Franco où l’E.N.S.A.  était hébergée entre 1954 et  1975.
Dégradée, rouillée, elle a été démontée lors de la construction de la Maison de la Musique.
Depuis, elle a été restaurée, repeinte en bleu en harmonie avec les lettres de la façade de l’E.N.S.A.  0 Chamonix Nord, et placée bien en évidence, avec le plus bel effet.
L'E.N.S.A. a fêté ses 70 ans les 11 et 12 juin.





CONSEIL MUNICIPAL DU 4 JUIN 2015

Communications du maire
-          Le PPR avalanches a été approuvé et signé par le préfet le 28 mai 2015. Les observations de la municipalité n’ont pas été prises en considération (voir mon article du 15 février 2015).
-          Le maire annonce avec satisfaction que 1,4 km de voirie ont reçu un nouvel enrobé !
Rapportée aux 150 km de voirie communale dont une très grande partie est notoirement défoncée, cette longueur n’est pas une grande performance !
-           Les travaux démarrent  pour la voie d’accès vers le nouveau Centre technique, à la Vigie.
-          Les graves et multiples atteintes à la forêt par le bostryche sont en cours de traitement.
-          Deux jeunes de la vallée viennent présenter au conseil le rôle et les activités de l’Y.P.A.C. (Youth Parliament of the Alpine Convention). Ils lancent une série d’idées votées par leur assemblée, notamment la protection des sols, essentielle selon eux.

Interventions diverses
-          Xavier Chappaz proteste contre la publication trop tardive des comptes rendus des conseils municipaux. D’un mandat à l’autre, les mauvaises pratiques perdurent…
-        La première adjointe Aurore Termoz, ,à propos du rôle des conseillers municipaux, cite la devise des Compagnons de France : « Ni se servir, ni s’asservir, mais servir ! ».
-          Georges Unia refuse de participer au Comité municipal pour la qualité de l’air. L’explication sera donnée dans les questions diverses, en fin de séance…

DELIBERATIONS
-          Le conseil adopte à l’unanimité la charte de l’élu local formalisée dans la loi du 31 mars 2015.

-          Attribution d’une aide de 20 000 euros aux victimes des séismes au Népal.

-          Rapport de présentation du Compte administratif 2014.
Séquence où l’on entend l’opposante Françoise Devouassoux féliciter l’adjoint aux finances Yvonik Plaud pour l’excellence de son travail et de sa présentation !

Comment résumer 40 pages de tableaux ? Donnons quelques chiffres clés :
·         Les impôts et taxes représentent 59% des recettes
·         La dotation générale de l’Etat est en baisse constante :  - 6% en 2014
·         Les dépenses de fonctionnement s’élèvent à 25 775 355 €
·         Les charges de personnel représentent 54%
·         Les dépenses d’investissement atteignent 73 368 964 € (sans compter celles de la communauté de communes)
·         La dette de la commune est en baisse constante : de 66 211 € en 2010 elle est tombée à 55 663 en 2014
·         Le budget de S.P.I.C. Parkings est en équilibre, il ne nécessite plus de subvention communale

-          Rapport annuel sur le service public de l’eau, présenté par les représentants de la Lyonnaise des Eaux
Chamonix compte 5 947 abonnés.
La consommation moyenne annuelle par abonné est de 250 m3 (y compris les hôtels et résidences, ce qui explique le chiffre élevé).
Le plus gros captage est celui des Iles : 996 299 m3 en 2014.
Le rendement du réseau n’est que de 78%, du fait des fuites.

-          Rapport annuel sur le service public de l’assainissement

-          Protocole d’accord MGM – Aiguille du Midi
Une résidence de tourisme de 51 logements doit être construite en face de l’Hôtel Héliopic par la société MGM/Giraud.
Cette dernière société a repris le projet d’une société anglaise qui n’a pas réalisé la construction dans le délai fixé et qui a fait faillite.  Le montant des pénalités dues pour défaut de réalisation dans les temps impartis s’élevait à 1 404 000 euros.
Une négociation de M.G.M.  avec la mairie réduit ces pénalités à 400 000 euros qui ont déjà été versés au percepteur.
Un gros manque à gagner pour la commune ? Ou la seule issue possible pour débloquer le projet en panne depuis 2007 ?

-          Le futur délégataire du chalet-buvette des Pyramides sera pour six ans Mr Christophe Mollier, seul candidat à sa propre succession.

-          Le Musée Alpin restitue cinq œuvres (aquarelle de Samivel, gravure de Grudman et lithographies de Pischner, ainsi que le livre de raison de Michel Ambroise Paccard) à l’Association des Amis du Vieux Chamonix qui en revendiquait la propriété.

-          Musée des cristaux : il est décidé de mettre en vente 349 pièces sur un total de 730, pièces qui n’ont aucun intérêt scientifique et qui ne seront jamais exposées.

-          Demande de subvention à la DRAC pour le projet de la Maison de la Mémoire et du Patrimoine « Lectures de lettres de Poilus ».

-          Diverses questions foncières : cette fois-ci les plans sont joints aux dossiers et l’on comprend où se situe la question. Est-ce suite à notre observation sur ce blog ?

 Démission de Xavier Chappaz et Georges Unia
Ceux qui auront eu la patience d’assister jusqu’au bout à cette très longue séance du conseil auront pu entendre le « clou » de la soirée : la démission des deux hommes de la liste d’opposition: Xavier Chappaz, tête de liste en 2014, ancien président de la Compagnie des guides, et Georges Unia, l’emblématique ex-président de l’A.R.S.M.B., entré au conseil après la démission du N° 3 Jean Fabre en début de mandature. Ce sont deux fortes têtes qui quittent le conseil, on ne peut que le déplorer, surtout de la part du leader de la liste qui abandonne le navire. Les électeurs de la liste  jugeront.
La motivation de leur départ n’est pas très clairement exprimée. Ce n’est en tous cas pas un désaccord politique profond avec le maire Eric Fournier, ni le résultat d’une quelconque polémique ou d’un conflit sur un grand sujet. Au contraire, Georges Unia remercie ses collègues de la majorité pour le bon accueil qui leur a été fait.
On sent plutôt dans les propos de Xavier Chappaz comme un sentiment d’inutilité, peut-être même d’ennui (c’est mon impression personnelle). Ce n’est pas étonnant de la part d’élus qui n'ont pas beaucoup participé au travail des commissions et qui se sont ainsi coupés du corps des dossiers. Xavier Chappaz dit que leurs successeurs seront sans doute plus opérants et qu’il faut laisser la place aux jeunes, louable intention.
Les deux femmes de la liste Françoise Devouassoux et Isabelle Matillat, plus impliquées dans la vie communale,  ne démissionnent pas et honorent leur contrat électoral. Bravo à elles.
Les  deux suivants de la liste vont faire leur entrée  au conseil en remplacement des partants: Flore Marchisio et Christophe Delaage,  tête de liste socialiste aux élections municipales de  2008. Espérons que ces deux nouvelles figures apporteront un peu d’animation à l’assemblée communale.


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dimanche 7 juin 2015

La Maison des artistes est lancée !



Le 5 juin au soir,  le Tout Chamonix, le monde du jazz  et beaucoup d’autres se sont pressés à l’inauguration de la Maison des Artistes dans la Villa de la Tournette magnifiquement restaurée.
Nous avons pu visiter les lieux du sous-sol aux combles, agencés par Pascal Armand et magnifiquement décorés par Victor, un jeune chamoniard de 24 ans.
Dans le vaste sous-sol a été installé un salon attenant au studio d’enregistrement ultra-moderne, managé par des techniciens locaux.
Au rez-de-chaussée vous disposez d’un bar ouvert à tous, d’une grande salle et d’une scène où les musiciens se produiront : c’est le Jazz-Club. 
Dans les étages les musiciens se verront attribuer sept très jolies chambres avec toutes les commodités. La distribution d’origine et l’âme de la maison ont été fidèlement  respectées.
Il faut jeter un coup d’œil aux combles pour admirer la belle charpente  de cette maison bourgeoise originale bâtie par les frères Couttet en 1926 avec l’architecte Debry, plus tard  occupée  jusqu’en 2002 par Maurice Herzog.
N’oubliez pas de lever les yeux vers la girouette, au sommet de la maison, qui représente les deux frères Couttet en ski de fond. Cette girouette a failli disparaître, puis elle a été tristement réinstallée sans sa flèche au ras des bardeaux. Suite à mon intervention (voir article de ce blog du 13 novembre 2014),  l’architecte de la commune a fait refaire une nouvelle flèche.


 L’hôte des lieux, le jazzman  André Manoukian, a expliqué dans son allocution le mode de fonctionnement de cette  « Maison des artistes ». Des musiciens (de talent) viendront pour des séjours d’une semaine pour enregistrer leur travail. En échange de l’hospitalité qui leur sera donnée, ils produiront des concerts pour les chamoniards venus au Jazz-Club de la Tournettte. Des écrivains et des journalistes seront également invités. André met la barre très haut puisqu’il voudrait faire de cette maison la « Villa Médicis » de Chamonix. Jamais avare d’un trait d’humour, il a d’abord dit qu’en arrivant à Chamonix il pensait que la Tournette était une maison où l’on organisait des « tournantes »…  Puis il a suggéré, pour donner vie au parc, que l’on y expose la sculpture d’Anish Kapoor « Le vagin de la reine » actuellement installée au bord du Grand Canal à Versailles…




Eric Fournier le maire semblait ravi de cette belle réalisation portée à l’actif de son deuxième mandat. Une nouvelle vie est  ainsi donnée à une maison de caractère  (que le P.L.U. de 2004 avait prévu de détruire, avant que le maire de l’époque ne fasse machine arrière), dans un cadre magnifique. Il a expliqué comme il souhaitait que la vie de cette maison s’articule avec les structures communales ou intercommunales  que sont la Maison de la musique, la M.J.C., la Maison de la danse, le Majestic,  et leurs activités réciproques. André Manoukian acquiesce. La vie culturelle de Chamonix s’en trouvera bien sûr tirée vers le haut.
La soirée s’est poursuivie par un concert de jazz de qualité donné dans la grande salle avec deux  chanteuses à la voix chaude. Malia a chanté jusqu’à 4h du matin !

Le lendemain 6 juin, deuxième événement, avec une nouvelle vague de  chamoniards qui ont été invités à l’inauguration de l’ensemble Parc et Tournette.
L’adjoint Jean-Claude Burnet, maître d’œuvre de la restauration du parc, raconte le déroulement des travaux.  Je lui fais remarquer qu’il manque des corbeilles, on trouve beaucoup de canettes de bière dans les buissons !
Puis le maire demande à Christine Lasserre de  relater  l’historique de la maison et d’expliquer sa valeur patrimoniale.


Reste aujourd’hui entier le problème du « Grand Hôtel Couttet », haut lieu du tourisme international chamoniard de la fin du XIXème siècle. Cette belle bâtisse tombe en ruine, le maire promet de se pencher sur son sort « dans les mois qui viennent »…


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jeudi 21 mai 2015

Installations obsolètes
Mountain Wilderness nettoie notre montagne !
Je vous encourage à regarder cette  excellente vidéo.

Ici Vidéo de M.W.

Quelle est la situation dans la vallée de Chamonix ?
Nous ne sommes pas les plus mauvais élèves, et nous sommes épargnés par les graves pollutions constatées dans les Alpes du Sud.

Col du Mont-Lachat : les bâtiments militaires devraient être démantelés et le site rendu à l’état naturel. Les travaux doivent commencer à l’été  2015. Une masse de béton est à détruire et à évacuer. L’opération est pilotée par la commune de Saint Gervais, avec la participation de  W.W.F. et de Mountain Wilderness.

Pylône des Cosmiques : c’était l’arrivée du 3ème tronçon du téléphérique des Glaciers pour le sommet de l’Aiguille du Midi, section Glaciers-Col du Midi. C’est une masse de ferraille très inesthétique dans ce décor magnifique, qui de plus supporte toujours la ligne à haute tension qui alimente l’Aiguille du Midi. Son démontage est à l’ordre du jour. Le choix du maître d'ouvrage reste à finaliser parmi les quatre partenaires concernés : Compagnie du Mont-Blanc, Compagnie des Guides de Chamonix, Commune de Chamonix, Association Mountain Wilderness.

Benne de service de la Flégère : elle  a été démontée au printemps 2015 par la Compagnie du Mont-Blanc. Elle était inutilisée depuis des années et déparait le site du golf.

Téléphérique E.D.F. du glacier d’Argentière : son démontage est à l’ordre du jour.

Télésiège de la F.I.S. à Argentière et anciens téléskis des Pélerins et des Bossons : ils  ont été démontés et évacués en totalité par la municipalité de Chamonix (restent quelques blocs de béton à Argentière).

Téléphérique des Glaciers : l’ancienne ligne supporte toujours la ligne à haute tension de l’Aiguille du Midi. Plusieurs pylônes sont inutiles et devraient être démontés. Par contre les gares de la Para et des Glaciers, construites en granit taillé  appartiennent à notre patrimoine. Les bennes d'origine ont disparu, celles du second tronçon viennent de Rochebrune à Megève et ont été installées en 1949 (classées en 1992). Un grand nettoyage s’avère toutefois nécessaire. Responsable de la ligne : la Compagnie du Mont-Blanc.

Mer de Glace : c’est notre point noir. Chaque année, des tonnes  de détritus, dont beaucoup de câbles,  rejetés par le glacier, sont ramassés et évacués par les associations locales. Tous ces résidus proviennent des installations d’altitude de l’Aiguille du Midi et de la Pointe Helbronner, impunément abandonnés par les exploitants et vite recouverts par la neige, dans les années 1950 à 1980.

Les actuels domaines skiables de la vallée sont dans un état d’entretien satisfaisant.

La société d’Emosson envisage le nettoyage de certaines installations périmées.


Si parmi vous un randonneur a constaté, au cours de ses balades,  des installations obsolètes qui ne seraient pas citées dans cet article, je le remercie de bien vouloir m’en informer.







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dimanche 26 avril 2015

Chamonix, ton patrimoine fout le camp !



Une belle ferme du XIXème va disparaître aux Moussoux.
Des membres de l’Association du village sont inquiets.
Aucune mesure de sauvegarde ne la protège. Une demande de permis de construire a été déposée, qui prévoit sa destruction pour laisser la place à deux bâtiments modernes.
Des fermes anciennes, de beaux chalets du début du XXème, des maisons de caractère disparaissent ainsi, année après année, du territoire de notre commune.

Quand elles ne sont pas détruites, ces fermes  sont transformées, dénaturées par des travaux  peu respectueux de l’architecture d’origine, comme par exemple récemment dans le quartier des Glières. Heureusement, quelques-unes sont restaurées avec goût dans le respect de leur forme originelle.

La municipalité de Chamonix  ne fait rien pour sauvegarder son patrimoine vernaculaire.
Pourtant, en 2004, le C.A.U.E. de Haute Savoie avait entrepris un inventaire des typologies architecturales de Chamonix, complété en 2006 par une étude patrimoniale très complète signée de l’Architecte en chef des monuments historiques de la Haute Savoie. Ces études avaient  permis à  la ville d’annexer à son P.L.U. des cartes de servitudes et contraintes architecturales, qui mentionnaient en rouge les « immeubles à restaurer ou conserver dans leur enveloppe ». Mais cette première liste  ne répertoriait que les bâtiments remarquables des centres ville de Chamonix et d’Argentière. Au moins ceux-ci sont aujourd’hui protégés, ils ne peuvent être ni détruits ni transformés dans leur aspect extérieur, même si l’aménagement intérieur est libre de toute contrainte.
Sur proposition de la liste d’opposition avaient été rajoutés à cette liste la villa Buterfly et la villa Farman aux Pècles qui acquéraient ainsi un statut de protection. 



La commune devait compléter cet inventaire  en étendant la recherche aux écarts et aux villages. Elle ne l’a jamais fait. Aucun des deux maires des années 2000 ne s’est attelé à la tâche, malgré nos demandes répétées lors des deux derniers mandats municipaux.  Ainsi les belles fermes de nos villages ne sont nullement protégées. Y-a-t-il de la part des maires successifs une réticence, à motivation électoraliste, à empêcher des propriétaires privés de rentabiliser au mieux leur patrimoine immobilier ?

En 2004, alors que l’opposition de l’époque demandait le classement de l’ancien Hôtel Couttet et de son parc, classement approuvé par la D.R.A.C. contre l’avis du maire, le préfet de région décidait de suspendre sa signature  en échange  de l’ engagement  de la municipalité  à  entreprendre une  procédure de Z.P.P.A.U.P. (Zones de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager) qui aurait permis d’édicter de véritables mesures de protection pour le bâti remarquable de notre commune. Cette démarche n’a jamais été conduite à son terme par la municipalité Michel Charlet.
Le successeur Eric Fournier n’a pas non plus poursuivi la procédure, bien qu’il se soit engagé dans son programme électoral de 2008 à développer cette Z.P.P.A.U.P. 
En 2010, l’Etat a rebaptisé la Z.P.P.A.U.P  en  A.M.V.A.P.  (Aire de Mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine). Ce dispositif réglementaire   a disparu du programme du candidat  Eric Fournier en  2014. Aucun périmètre d’ A.M.V.A.P.  ne  protège donc les quartiers historiques de notre commune et de ses villages.  Le P.L.U. version 2014 affiché sur le site de la mairie ne cite même pas cette servitude d’utilité publique, puisqu’elle n’existe pas.
Le désintérêt des municipalités successives pour notre  riche patrimoine est donc flagrant.

La voie est libre pour les promoteurs qui peuvent impunément rentabiliser les surfaces à construire, profitant des nouvelles règles foncières avantageuses, et raser les constructions anciennes qu’aucune  mesure de préservation  n’oblige à préserver.  Ils ne s’en privent pas. Ainsi disparait petit à petit un patrimoine architectural exceptionnel, riche,  varié, qui faisait l’originalité de notre vallée. Notre paysage urbain change, s’appauvrit, perd ses marques historiques, au  profit de la grande banalité des constructions modernes d’aujourd’hui. 



N.B.  L'agent immobilier à l'origine de l'opération a aussitôt réagi à mon article. Il me précise que ce ne sont pas deux immeubles modernes qui seront construits à la place de la ferme, mais un immeuble moderne et une ferme reconstruite à l'identique aux normes anti-avalanches sur l'emplacement de l'ancienne  qui sera bien détruite. Il certifie que le résultat esthétique final sera tout à fait satisfaisant. Je resterai sceptique jusqu'à l'achèvement des travaux quant à la fidélité de la reconstitution.

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